Pas terrible ; mais presque

Actuel­le­ment, il y a un «débat» sur la «tran­si­tion éner­gé­tique» . Ce «débat» donc, veut fixer comme objec­tifs les points sui­vants :

  1. Réduire de 75% à 50% la part du nucléaire
  2. Déve­lop­per mas­si­ve­ment les éner­gies renou­ve­lables
  3. Réduire les émis­sions de gaz à effet de serre

Réduire les émis­sions de gaz à effet de serre

Tout cela est fort louable à pre­mière vue, mais… lors des deux pre­miers chocs pétro­liers, nous avions déve­lop­pé le nucléaire pour réduire notre dépen­dance aux éner­gies fos­siles dans la pro­duc­tion d’électricité (chose encore vraie actuel­le­ment, puisque la France –toutes pro­por­tions gar­dées– émet autant de gaz à effet de serre par habi­tant que le Dane­mark qui a por­tant mas­si­ve­ment inves­tit dans l’éolien). Lors du troi­sième choc pétro­lier (nous y sommes), nous fai­sons exac­te­ment l’inverse. Selon une logique toute car­té­sienne  soit nous nous sommes trom­pés il y  40 ans, soit c’est main­te­nant.

Si je tente de syn­thé­ti­ser : dans un pays aux finances exsangues, nous nous orien­tons vers des modes de pro­duc­tion qui sont toutes choses égales par ailleurs au moins aus­si pro­duc­teurs de gaz à effets de serre et plus dépen­dants aux éner­gies fos­siles qu’à la sor­tie des 30 glo­rieuses ?

Par ailleurs, il est déplo­rable que ce fameux débat fasse l’impasse sur l’essentiel. En effet, il se foca­lise sur l’électricité, alors qu’elle ne repré­sente que 20% de notre consom­ma­tion finale d’énergie quand les éner­gies fos­siles en repré­sentent plus des deux tiers…

Pour conclure, il ne fau­drait pas tom­ber dans le piège du «c’était mieux aaaaa­vant». Mais notre ave­nir éner­gé­tique est sur­tout pour l’instant dans la mise en place d’une réelle poli­tique struc­tu­rante de notre éco­no­mie pour amé­lio­rer l’efficacité éner­gé­tique actuelle et amor­cer le plus serei­ne­ment pos­sible la décrois­sance néces­saire à la sur­vie de notre mode de vie démo­cra­tique.

Ecrit par Sébastien Degliame
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Pour­quoi la crois­sance telle qu’on la pro­met ne vien­dra pas ? La réponse est dans l’importance de la phy­sique dans notre éco­no­mie, plus pro­saï­que­ment, de sa dépen­dance vis à vis des éner­gies fos­siles. Voi­ci un déve­lop­pe­ment syn­thé­tique de cette affir­ma­tion.

Amis (uni­ver­si­taires et pas uni­que­ment géo­logues –pri­vate joke–), rappelez-vous ceci : être au pied du mur pour un pié­ton augure moins de consé­quences fâcheuses que si c’est un bolide lan­cé à pleine vitesse…

Donc M. le pré­sident, au lieu de nous pro­mettre d’écraser le cham­pi­gnon, faites en sorte que la France puisse «capi­ta­li­ser» le frei­nage d’urgence.

Ecrit par Sébastien Degliame
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